Journée culturelle d’été, août 2003 : Allanche et le Cézallier sortie
8 h 45 : Départ d’Aurillac en car
10 h 30 : Accueil à la mairie d’Allanche, allocution de bienvenue de Monsieur le Maire.
10 h 45 ; Dans la salle de cinéma, allocution du président des Amis du Vieil Allanche et du président de la société « La Haute-Auvergne » ; exposé de ce dernier sur le château d’Allanche et ses propriétaires au XVIIIe s., les Dienne du Cheyladet.
11 h 30 : Visite de l’église d’Allanche, présentation apr Pierre Jarry
12 h : Présentation de la statuaire de l’église par Benoît-Henry Papounaud, conservateur des Antiqueités et objets d’art du Cantal
12 h 30 : Repas à l’hôtel des Remparts, à Allanche
14 h : Visite de l’église de Vernols, présentation par Bernard Vinatier de la commanderie de Saint-Antoine de la Feuillade
15 h : Visite du site des « Chastelloux », enceintes castrales et vestiges du haut Moyen-Age ; présentation par Christian Baillargeat
16 h 30 : Visite du château de Mardogne, l’un des plus anciens sites féodaux de l’Auvergne, et de l’église de Joursac, qui contient le tombeau de Loys de Foix ; accueil par M. Delbat, propriétaire de Mardogne
19 h 30 : Arrivée à Aurillac
Mai 2003 : La société de la Haute-Auvergne célèbre à Rome le millénaire de la mort du pape Gerbert
Le pape Gerbert, Sylvestre II, est décédé à Rome il y a mille ans, le 12 mai 1003, dans son palais du Latran.
Depuis de nombreuses années la société avait conçu le projet d'une commémoration de cet événement.
C'est ainsi q'une délégation de notre société, conduite par son président, et à laquelle s'était agrégés Monseigneur René Séjourné, évêque de Saint-Flour, Madame Descoeur, vice-président du conseil général et des membres de l'Université Inter-Ages d'Aurillac, s'est rendue en Italie du 6 au 13 mai pour une célébration de l'anniversaire
Outre les visites de Ravenne, dont Gerbert fut archevêque, des principaux monuments romains et du site d'Assise, cette délégation d'une cinquantaine de personnes, a participé à un programme officiel qui avait été arrêté après de multiples contacts avec nos correspondants en Italie.
Le 9 mai, elle a été reçue par M. Morel, ambassadeur de France auprès du Saint-Siège, dans les salons de la villa Bonaparte.
La matinée du samedi 10 mai a été marquée par une audience du Saint Père qui s'est déroulée dans la salle Clémentine, à l'intérieur de ses appartements. Le pape Jean-Paul II a témoigné l'intérêt qu'il porte à son prédécesseur de l'an mil, Gerbert d'Aurillac, en prononçant une allocution dont les principaux passages sont les suivants :
"Chers amis,
"… Je suis heureux de pouvoir évoquer quelques traits marquants de celui qui fut qualifié 'd'homme le plus cultivé de son temps'. De fait Gerbert d'Aurillac a singulièrement dominé son siècle par ses connaissances et son éducation, par sa droiture morale et son sens spirituel. Il fut à la fois un intellectuel et un homme d'action, un diplomate et un homme d'Eglise. Si les questions actuelles sont différentes de celles qu'il eut à affronter, son attitude spirituelle et intellectuelle demeure un appel à rechercher la vérité humaine, qui jamais ne s'oppose aux vérités de la foi. 'Unissons toujours', disait-il, 'la science à la foi''.
"Il faut souligner la dimension européenne de son ministère, car il était attentif à la vie de l'Eglise dans les nations alors en gestation. Bénédictin du monastère Saint-Géraud d'Aurillac, il appartenait à cet ordre dont les différentes maisons contribuèrent à façonner l'Europe. Archevêque de Reims puis de Ravenne, devenu en 999, le premier pape d'origine française, il participa intensément à ce mouvement ; par exemple en l'an 1000, il créa à Gniezno la première Eglise métropolite en Pologne, avec parmi les suffrageants le nouveau diocèse de Cracovie dont je fus le pasteur. Gerbert contribua ainsi à la renaissance intellectuelle et à la vitalité du continent. Son exemple nous aide à comprendre que l'Europe ne peut se construire si elle n'assume, avec lucidité, ses racines chrétiennes. Ces dernières, constituent une dimension essentielle de son identité, ayant laissé leur empreinte dans le production culturelle, artistique, juridique et philosophique du continent.
"Alors que de louables efforts sont entrepris pour donner une forme juridique à l'Europe, il est bon de se souvenir de cet élan initial donné par un français au début du deuxième millénaire. Par la diffusion de l'Evangile et par sa participation à la vie des nations, les chrétiens ont aujourd'hui encore le souci de participer à l'édification de la société. A travers vous, j'encourage volontiers le peuple de France, à puiser dans ses racines spirituelles les éléments dont il a besoin pour sa propre existence et pour une vie solidaire et fraternelle avec ses frères du continent..."
Dans l'après-midi du 10 mai, la commémoration du millénaire s'est poursuivie à l'intérieur même de la basilique Saint-Jean de Latran où se trouvent les vestiges du tombeau de Sylvestre II. Là où l'un de ses successeurs a fait placer l'épitaphe du premier pape français, le président de la société "La Haute-Auvergne" a déposé une gerbe de fleurs, aux couleurs pontificales, blanche et jaune. Solennellement, il s'est fait l'interprète des sentiments de reconnaissance et d'admiration que les auvergnats d'aujourd'hui portent au pape de l'an mil, qui parti de son monastère s'est révélé comme l'un des plus grands hommes de son temps : savant, stratège politique et chef suprême de la chrétienté.
Une messe a été célébrée par Monseigneur René Séjourné dans la chapelle Massimo qui s'ouvre sur le bas côté droit de la basilique, près de la tombe de Gerbert. La chorale de Sainte-Marie Majeure, dirigée par Monseigneur Miserach s'est fait entendre au cours de cette messe. Elle a notamment exécuté l'hymne à Gerbert dont Monseigneur Miserach est l'auteur.
L'actualité de Gerbert dont l'ambition était d'unifier l'Europe, de concert avec le jeune empereur Othon III, a été constamment mise en lumière au cours de ces différentes cérémonies.
Notre société ne peut que se féliciter de l'excellente qualité d'une telle commémoration qui, après les deux colloques tenus à Aurillac en 1996 et 1999, témoigne de la place exceptionnelle qu'occupe le pape Gerbert dans le passé historique de la Haute-Auvergne mille ans après sa mort.
René MONBOISSE